Art déco

L’église Sainte-Agnès est considérée comme étant du plus pur style Art déco.

Quels en sont les éléments constitutifs ?

Il est difficile de formuler l’ensemble des critères qui définissent l’Art déco, car il a évolué au cours des années et que peu, voire aucun, édifice de cette époque n’y satisfait complètement. Ils vont donc être brossés ici sous forme d’exemple.

• Tout d’abord, l’Art déco, c’est une période, évaluée en France entre 1910 – 1940, avec un temps fort lors l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925 à Paris, dont cet art tirera son nom. Il a pris progressivement la relève de l’Art nouveau (1890-1920), celui-ci étant caractérisé par des lignes courbes, ondoyantes et par des asymétries. La construction de Sainte-Agnès (1932-1933) a donc eu lieu dans la période de maturité de l’Art déco.

• C’est ensuite un courant moderniste se recentrant sur les lignes épurées, rigoureuses, géométriques, voire anguleuses, inspiré de la mouvance cubiste :

– façades extérieures avec ses grandes baies vitrées,
– clocher longiligne de 53 mètres,
– les deux portiques latéraux monumentaux de soutien du chœur,
– les deux portiques latéraux de soutien du bloc narthex-tribune,
– les immenses verrières,
– le Chemin de Croix.

• Se focalisant également sur la clarté de la composition, sur le dessin expressif, sur des formes sobres, élancées, ne craignant pas une certaine distorsion verticale :

– statue de Sainte-Agnès surmontant le porche d’entrée,
– Christ au centre du triptyque surmontant le maître-autel,
– représentation des 16 mécènes en pied dans les vitraux latéraux,
– fresques de Paule Ingrand,
– statues à l’intérieur de Saint Joseph, la Vierge à l’enfant et de Sainte Agnès.

• C’est une volonté de supprimer, sans exagération, les angles droits, en privilégiant les formes polygonales :

– clocher hexagonal,
– chœur heptagonal
– piliers intérieurs et extérieurs,
– escalier en colimaçon d’accès à la tribune,
– chaire surmontée de son dais,
– baptistère,
– pieds octogonaux des chaises dans la nef.

• Et en encourageant l’ajout de pans coupés, tels que les décrochés latéraux décoratifs des poutres :

– du plafond,
– des deux portiques de soutien du chœur,
– de l’embase de la tribune.

• C’est une sculpture en méplat, réduisant l’épaisseur du sujet par rapport à sa largeur afin de présenter un relief plus plat :

– les deux statues en ronde-bosse d’Yvonne Parvillée : Saint Antoine de Padoue et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

• C’est la liberté d’utiliser toutes les catégories de matériaux de construction, même si, de fait, le béton armé est privilégié pour l’ossature. Briques et moellons complètent certaines parties. La pierre de Comblanchien est largement utilisée en tant que parement aussi bien en intérieur qu’en extérieur.

• C’est le retour en force de la ferronnerie, très présente dans l’église Sainte-Agnès, même si le motif spirale, très répandu en Art déco, est très peu présent (Croix du clocher, porte du presbytère). Le ferronnier d’art Richard Desvallières a produit ainsi une œuvre tout à fait originale pour son époque, stylisée et évocatrice à la fois.

• C’est la représentation de compositions florales de manière sobre :

– fresque sous la tribune,
– parterres de fleurs discrets dans les vitraux,
– grappes de raisin et gerbes de blé dans la table de communion,
– fleurs de lotus stylisées sur les hauts de piliers intérieurs et extérieurs.

• C’est l’évocation de frontons rectilignes par une corniche extérieure entourant la partie supérieure de la nef et du chœur.

• C’est la présence de hauts reliefs sur des éléments de façade extérieure :

– la gigantesque lettre A d’Agnès ou d’Alfort en haut du porche d’entrée,
– la statue de Sainte Agnès en pierre de Chauvigny.

• C’est la répétition sans compter de formes géométriques :

– la lettre A d’Agnès ou d’Alfort sur le clocher, les rambardes et les vitraux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
– la forme triangulaire dans les verrières, délimitant le A d’Agnès ou d’Alfort, représentant d’une part Sainte Agnès tenant l’agneau dans ses bras (14 fois) et d’autre part l’agneau seul (39 fois), comblant les espaces laissés libres par les scènes religieuses et historiques.

En résumé, en y regardant bien, la quasi-totalité des éléments d’architecture, de décors et d’embellissements sont de style Art déco dans cette église !

 

 

 

 

 

 

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